31 Gen 2015

Éclat et charme de la nature. L’imaginaire de l’environnement de la Modernité à nos jours


di

Iconocrazia 07/2015 - "Potenza dell'immaginario", Saggi




Print Friendly, PDF & Email

Le monde de l’imaginaire reste cet univers maqué par les rêves et l’empreinte des images. Par là même il donne à la vie sociale ses accents symboliques et promeut une forme de pensée créatrice de gestes et de sentiments dont le quotidien est pétri. L’imaginaire se présente comme une possibilité pour saisir la réalité sociale et ses procédures de formation, étant entendu que le réel n’existe que par la médiation d’un sujet. C’est dans cet espace là, de la construction, que prend place tout l’horizon des représentations formées d’images, de symboles et de mythes, véritables regards sur l’imagination. Gilbert Durand a bien analysé les fonctions symboliques de l’imaginaire à travers notamment la notion de régime, en repérant de grandes constellations d’images[i].

Nous prendrons l’exemple de la Nature comme élément épistémologique permettant d’étudier les configurations de l’imaginaire en relation avec une socialité qui trouve dans le végétal une « nouvelle conscience ». La nature fait partie de cet imaginaire à l’œuvre qui incarne une pensée sociale axée sur le « pouvoir évocateur » des symboles. Jean-Bruno Renard nous rappelle que « la société n’est ni aveugle ni muette, elle parle de ses propres questionnements, dans un langage symbolique »[ii] qui renvoie à un « vécu social » que nous nous proposons d’explorer à travers les symboles de la nature.

 

1/ La nature aliénée

Historiquement la Modernité a convoqué la nature pour tracer la frontière entre la civilisation et la barbarie, autrement dit la culture et la nature. La nature est à ce moment là du côté du sauvage[iii], du primitif et de l’inculte[iv] qui font horreur à l’homme civilisé dont le désir d’autonomie et de rationalisme conduit à la pensée progressiste du 18e siècle. Pour se démarquer de la barbarie l’homme moderne doit d’abord mettre à distance ses symboles dont les éléments physiques représentent un archétype : les forêts et les cours d’eau doivent être transformés, les sols cultivés. La domination de la nature symbolise la supériorité d’une culture dont les choix ne peuvent plus être dictés par l’environnement. L’homme prend en main son destin ce qui passe par la maîtrise technique et scientifique de son milieu. Les premiers progrès agraires ainsi que le développement des infrastructures au cours du 18e siècle principalement seront déterminants.

La nature devient aussi un objet d’expérimentation et de soumission afin de capter ses ressources. L’homme lui extirpe alors ses richesses au rythme de ses progrès non sans heurts : l’extraction du charbon dans les mines coûte des milliers de vie, les maladies du travail (silicoses, asthme, tuberculose) sont la norme, les luttes ouvrières attestent d’un conflit dans l’appropriation des matières premières qui ne va pas de soi. Dans ce sens la nature cède, sous contrainte technique, ses ressources à un homme qui a besoin de celles-ci pour accomplir sa marche vers le progrès et répondre à la demande croissante de ses besoins, stimulée par la montée de l’industrie et du capitalisme. Nous pouvons alors évoquer une « nature aliénée » par des siècles de conquête et d’exploitation qui aujourd’hui nous interpellent sur le mode de la connaissance et des incertitudes produites.[v] Nucléaire et génétique en particulier démontrent que la transformation de la matière comporte des dangers pour l’homme et son milieu. L’on peut alors discuter de la mutation de nos sociétés et de l’impact de l’industrialisation dans les rapports que la culture entretient avec la nature.

 

2/ La nature en danger

C’est cette position conquérante qui est largement critiquée par les écologistes. Le développement s’est fait au détriment du vivant dans sa globalité. Sans rentrer dans les détails d’une thématique qui nous semble largement répandue, citons l’épuisement des matières premières, la destruction des écosystèmes, la dégradation de l’atmosphère, la pollution des sols comme éléments révélateurs de la crise environnementale. Cette dernière constitue des arguments pour mettre un terme à une emprise irréfléchie car destructrice de l’homme sur son milieu. La notion d’empreinte écologique désigne alors la marque de l’homme sur un environnement qu’il a le pouvoir de transformer. Mais la question des critères se pose : l’utilité sociale ? L’efficacité ? La rentabilité ? La conservation offre des perspectives morales et éthiques : quel est le prix du vivant et de sa manipulation ? Peut-on tout contrôler ? Qui et que faut-il favoriser ? Le développement ? Les populations ? Les écosystèmes ? Un univers de controverses s’ouvre alors sur fonds de crise environnementale.

La biodiversité concerne l’ensemble des organismes vivants notamment dans leur milieu d’origine. C’est à ce titre qu’ils sont menacés : déforestation, désertification, marées, pluies acides, pollutions, réchauffement climatique, extraction des matières premières ont des effets destructeurs sur les écosystèmes et leurs espèces. D’un point de vues sociologique nous pouvons souligner qu’il s’agit d’un bouleversement manifeste dans les rapports homme-nature : la domination ne se traduit plus simplement par une exploitation mais par une destruction. Comment dans ce cas poursuivre l’entreprise progressiste si son sujet s’épuise ? Par ailleurs cela interroge de manière plus humaniste cette fois-ci les valeurs que l’homme souhaitent protéger. La préservation du vivant, la rareté, le respect, l’écoute, la beauté sont des valeurs que l’on retrouve dans la nature et qui sont aussi celles revendiquées par l’homme de manière globale : le racisme et le patrimoine sont des exemples de luttes pour préserver ses valeurs qui se retrouvent aussi dans les préoccupations environnementales.

Prenons l’exemple des forêts. Elles ont une utilité économique[vi] car elles rendent des services écosystémiques d’ordre écologique (échange d’oxygène, protection du sol contre l’érosion, filtrage de l’eau, équilibre des écosystèmes) mais aussi sanitaire (alimentation, bois) et social (tribus et communautés y vivent et se socialisent) qui a des effets sur la santé mentale et physique à laquelle nous pouvons rajouter des fonctions philosophiques et éthiques (le beau, l’abondance, la résistance au temps qui passe). Enfin les forêts sont des « biens communs » qui ont un impact sur l’ensemble des êtres vivants. La déforestation est imputée aux activités humaines : culture, élevage, incendies, marché du bois et exploitation minière, absence de réglementation, urbanisation réduisent la surface des forêts et endommagent la qualité des sols et de l’air. Des effets négatifs sont observés sur le climat et les espèces mais aussi directement sur l’homme en terme de maladies. Les forêts étaient là avant l’homme et elles ont permis à la civilisation d’émerger. Aujourd’hui leur instrumentation conduit à se demander pourtant d’où vient la barbarie ?

Houdayer 01

Dévastation d’une forêt sur la commune de Saint-Sauveur Camprieu, Gard, France. Photo R. Houdayer, 2013.

 

3/ La nature déchaînée

Après que l’homme se soit révolté contre une nature hostile et faisant de celle-ci un objet de conquête, la nature redevient un sujet.

Il s’agit d’abord d’un sujet de préoccupation que nous avons évoqué à travers l’idée de crise environnementale, celle-ci liant le sort de la nature à celui des hommes dans un rapport de dépendance. Cependant les effets de cette crise font ressurgir la tendance agressive de la nature que l’on avait cru domestiquée[vii]. La nature sujet entre en action. Les éléments naturels se déchaînent emportant avec eux les vivants : les épisodes pluvieux connaissent des pics violents créant inondations, crues, orages et ouragans. Les tempêtes ravagent les côtes, détruisent les plantations et les habitations. A l’opposé, la sécheresse anéantit elle aussi les cultures relançant les famines et les maladies. L’atmosphère devient insupportable et épuise les plus faibles.

La question de la nature conduit l’homme à repenser ses pratiques et l’usage d’une technologie aveugle. La responsabilité s’immisce dans tous les domaines et devient matière à discussion : elle interroge la connaissance des hommes sur leur production, elle mobilise des usages et des pratiques en situation. Avec l’écologie le principe de responsabilité est étendu à tous les êtres, humains ou non. Mary Douglas parle « d’ascétisme écologique »[viii] à ce propos : simplicité volontaire, restriction énergétique, changement de gouvernance de manière à protéger l’ensemble des êtres vivants qui forment une chaîne indispensable à la survie de tous. Dans ce sens la question de la frontière nature culture pourrait ne plus avoir de sens[ix]. La barbarie se situe dans la cruauté des situations qui sont désormais loin de n’être qu’attachées aux éléments physiques. L’homme devient cruel lorsqu’il dévaste son milieu et ce dernier semble le lui rendre, démontrant que la nature ne saurait être réduite à un simple objet expérimental.

L’imaginaire nous aide à saisir cette formule. Ainsi il en va d’une nature qui peut être conçue comme invincible si l’on songe à des vagues pouvant atteindre 40 mètres de hauteur pour le tsunami de Fukushima et capable de tout ravager sur son passage. Mais tout aussi fragile en se penchant par exemple sur le fait qu’un simple changement de un degré de la température de l’océan suffit pour provoquer le blanchissement des coraux et donc leur mort. Deux images permettant d’appréhender un rapport à la nature qui nous échappe.

L’imaginaire définit les territoires de la nature. Il nous aide à comprendre dans la tradition weberienne quelles sont les références de l’homme dans la construction de la réalité sociale[x].

En faisant appel aux régimes de l‘image et aux symboles associés nous pouvons par exemple percevoir la dimension romantique et poétique que l’on peut prêter au végétal. Notre milieu n’est alors plus appréhendé comme simplement matériel mais ses éléments sont sujets à subjectivité. Ainsi les hommes se prennent à rechercher des qualités apaisantes et vitalisantes au sein d’un espace qui les entoure. Ils tentent de rétablir l’harmonie possible culture-nature, soit des ponts entre lui et son environnement, ce dont rend compte la notion sociologique de milieu[xi]. Par ailleurs les dimensions sauvages sont toujours là mais elles restent attachées au conflit dans le cadre d’une relation de domination sur la planète.

La linguistique nous rappelle que c’est dans le symbole constitutif de l’image qu’il y a harmonie entre le signifiant et le signifié. Notre espace devient ainsi le lieu de notre imagination. Le sensible constitue le domaine de prédilection de l’imaginaire[xii], ce que révèle le sens profond de la métaphore : des images s’organisant autour de la cohérence entre le sens et le symbole[xiii]. Edgar Morin nous rappelle qu’« est symbolique en effet toute chose qui suggère, contient ou révèle autre chose ou plus qu’elle-même » [xiv]. Les éléments attachés à la nature sont de cet ordre. Ils vont au-delà de leur apparence pour suggérer les liens qui nous unissent à eux. Le paysage manifeste les relations entre des éléments physiques (des arbres, des rivières), leur appropriation par les hommes (ce qu’ils en font : un objet de médiation, de tourisme, d’exploitation de matières premières) et la projection de chacun figurant le trajet anthropologique[xv] caractéristique de l’imagination. Le propre du symbole est « qu’il réunit en lui la magie, le sentiment, l’abstraction » [xvi] dans le cadre d’une réalité par fragments, en raccourci. De sorte que notre milieu est dépositaire d’inconscients collectifs où se fixent, sensibilité et aspirations des sociétés. Ils révèlent les valeurs implicites et les éléments mythologiques dont le corps social a besoin pour se constituer et faire lien. L’imaginaire manifeste alors cette puissance signalée par les sociologues suscitant conduites et opinions sociales.

Nous y retrouvons une orientation dialogique telle qu’Égard Morin l’entend : la Nature est simultanément forte et fragile, puissante et faible car sa survie dépend de la manière dont nous la traitons. Ici l’inspiration mythologique est fondamentale pour comprendre les symboles émergents. De l’arbre protecteur jusqu’à l’arbre tentation, nous sommes habités par la mythologie. [xvii] Le végétal est doté d’une symbolique très vaste qui influence sans conteste les manières d’appréhender la nature physique. Quelques exemples choisis témoignent de l’imagination créatrice dont il est ici question. Les racines de l’homme sont aussi celles de la terre tandis que les banches s’élèvent jusqu’au ciel. Le chêne est l’archétype de la dignité : en le protégeant l’homme se pare de son éclat. La branche d’olivier est synonyme de paix.

L’imagination produit cette confusion des sentiments portée par le côté émotionnel des éléments dont notre quotidien est rempli.

Il s’agit alors de réfléchir à la manière dont nous habitons la nature.

 

4/ La nature apprivoisée

L’image apporte un côté visuel à la perception sensible de notre monde, tandis que le symbole lui donne un accent sentimental et éthique. C’est peut-être cela qu’exprime l’idée de l’ « homme en nature » : un état de conformité de l’homme avec une nature qu’il est capable de percevoir comme une alliée. Une nature qu’il peut protéger grâce à sa culture. La modernité a introduit trop de distance entre l’homme et son milieu. La pensée de Georg Simmel et sa théorie de la socialisation autour de la « forme »[xviii] permet de comprendre la nature des relations portées par les éléments naturels. Ainsi nous pouvons percevoir des formes d’activité selon le schéma relation-action, environnement et sujet[xix]. Les groupes appréhendent le végétal sous les traits de la socialisation et portent une éthique en tant que formes de la connaissance. Ainsi il ne s’agit pas simplement de pratiquer une activité il faut la ressentir et qu’elle inspire le quotidien. Il y a là une « expérience subjective de la nature »[xx]. Le végétal reste un élément de proxémie physique et mentale. Il procure un plaisir immédiat pour celui qui s’en approche tout en rappelant l’univers mythologique auquel il appartient, associant rêve et réalité par le jeu des émotions. Dès lors le symbolique peut s’allier à la pratique. Les expériences de jardins partagés, de potagers, de culture biologique et de préservation des écosystèmes expriment l’idée que l’homme peut réapprendre à vivre aux côtés d’une nature qui ne lui inspire plus de craintes dans la mesure où il apprend à la connaître en la cultivant. La cultiver pour ses produits mais aussi pour mieux la connaître. Les figures du risque et de la contagion ont sérieusement implanté l’idée que la chimie ne pouvait faire alliance avec l’alimentation et plus généralement avec la santé des vivants. L’écologie, qu’elle soit politique ou scientifique, cherche à accorder l’homme avec son milieu. L’agroécologie n’est pas qu’une attention à la terre et aux végétaux, elle implique une expérience par les sens et des relations basées sur les affects. Le sensible ajoute aux éléments physiques une image de la nature poétique. Le réenchantement[xxi] est de mise : percevoir les constituants d’un paysage non pas seulement parce qu’il est biologique et pratique mais aussi parce qu’il fascine, pousse à la rêverie, interpelle la notion de beauté et provoque des rencontres. L’imaginaire convoque les dimensions poétiques et affectives présentes dans les personnes par ses mystères et son ambivalence. Il fabrique l’émotion nécessaire à la compréhension et à l’action.

Les bords de la rivière Bonheur, commune de Camprieu, Gard, France. Photo R. Houdayer, 2014

Les bords de la rivière Bonheur, commune de Camprieu, Gard, France. Photo R. Houdayer, 2014

La sociologie du sensible est une invitation à questionner les aspects parfois invisibles de la socialité sur un mode éthique et bien souvent esthétique : les odeurs, les saveurs, les valeurs, le regard. Les territoires interrogent les sociétés sur les idées à transmettre et à protéger, ce qui passe par l’éducation, la construction, l’énergie, le travail, l’alimentation, les loisirs et en fin de compte tout ce qui permet de vivre ensemble.

 

5/ Épistémologie et sociologie de la nature

La sociologie environnementale américaine portée par William Dunlap et Riley Catton[xxii] a très tôt mis en doute l’idée que la culture avait un pouvoir sur la nature, pour critiquer l’approche socio-centrique. Dunlap en 1980 propose un nouveau paradigme écologique s’appuyant notamment sur l’idée qu’il existe des fortes limites physiques et biologiques à la croissance économique et au progrès. Dès lors les causes environnementales peuvent permettre de comprendre les interactions homme-nature, ce qui pour la sociologie devient un nouvel enjeu épistémologique après Durkheim[xxiii]. Pour autant un autre sociologue américain, Frederick Buttel envisage la problématique écologique comme une construction sociale[xxiv]. Par exemple le développement durable peut tout à la fois représenter le symbole politique du conflit entre le capitalisme et l’impératif écologique, mais aussi un symbole social et éthique afin de promouvoir le développement local des populations.

L’imaginaire nous propose de voir un espace transformé par des valeurs animées de représentations. En cela il reste un outil épistémologique pour le sociologue. Si l’on considère que la nature possède une dimension construite, alors il faut dépasser l’opposition entre un homme destructeur et une nature menacée. Serge Moscovici présente la nature comme le résultat de l’action réciproque des formes sociales et des états de nature[xxv]. Edgar Morin propose dans le Tome II de sa méthode[xxvi], une connaissance de la vie obtenue à travers nos échanges avec l’environnement (la relation écologique) et la problématique du vivant : les cellules, les éco-systèmes[xxvii], les habitats. La relation au végétal peut être perçue comme un champ de relations entre les êtres humains et leur milieu créant des effets socialisants.

La sensibilité écologique est une réponse à la dégradation constatée du milieu physique. Elle correspond à un système de valeurs hédonistes et socialisantes, pour penser l’harmonie avec la nature, la protection de l’environnement, et réhabiliter les concepts d’égalité, d’autonomie mais aussi de responsabilité.

C’est de cette manière que les personnes peuvent envisager une nature souillée[xxviii] et fragile qu’il faut dés lors réhabiliter, refuser l’esprit du capitalisme au profit d’un rapprochement avec le milieu. Mais pour ce faire c’est bien à une sensibilité qu’il faut faire appel, sensibilité qui trouve son moteur dans un imaginaire susceptible de propulser des pratiques.

Nous évoquions les forêts qui régressent mais elles ressurgissent régulièrement de manière symbolique par le folklore, les rites et les symboles. Témoins de notre histoire, elles peuplent notre imaginaire[xxix].

La sémantique du végétal nécessite d’intégrer une épistémologie de la nature : les points d’eau, les variétés végétales, les sols présentent un espace interstitiel favorable à la création de relations socialisantes. C’est bien le cadre de vie, qui à travers ses dimensions éthiques et esthétiques, promulgue des représentations de bien-être et incite à des « formes d’hédonisme socialisant » dans la « recherche quotidienne du plaisir et du bonheur qui sous-tend et soutient toute vie en société »[xxx] : prendre l’air, contempler un paysage, évacuer le stress correspondent à des principes de plaisir simple que l’on peut aussi associer à l’idée de bien-être. Cet hédonisme participe au lien social en usant de sa forme émotionnelle. Les promeneurs sont des « explorateurs » nouant des relations à travers les activités en relation avec un écosystème particulier. Les individus lient les traits de leur personnalité et de leurs actes à la somme d’expériences vécues au sein des éléments naturels. Jardiner ou cultiver non pour se nourrir mais pour connaître, entrer en communion avec une nature à redécouvrir car elle interroge désormais le social dans toutes ses directions.

 

[i] Gilbert Durand, Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, Paris, Bordas, 1969.

[ii] Jean-Bruno Renard, Le Merveilleux, Paris, CNRS, 2011, p. 144.

[iii] Serge Moscovici, De la nature : pour penser l’écologie, Paris, Métailié, 2001.

[iv] Henri Mendras, La Fin des paysans, suivi d’une réflexion sur la fin des paysans vingt ans après, Arles, Actes Sud, 1984 (1967).

[v]  Ulrich Beck, La Société du risque, Paris, Aubier, 2001 (1986).

[vi] Philippe Bontems et Gilles Rotillon, L’économie de l’environnement, Paris Éditions La Découverte, 2007.

[vii] Serge Moscovici, Hommes domestiques et hommes sauvages, Paris, Union Générale d’Éditions, 1974.

[viii] Mary Douglas, « À quelles conditions un ascétisme environnementaliste peut-il réussir ? » in D. Bourg (1993), La nature en politique, ou l’enjeu philosophique de l’écologie, Paris, L’Harmattan, 1993, p. 96-121.

[ix] Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005.

[x] Peter Berger et Thomas Luckmann, La Construction sociale de la réalité, Paris, Broché, 2012.

[xi] Augustin Berque, La mésologie, pourquoi et pour quoi faire ? Nanterre, Presses universitaires de Paris Ouest Nanterre La Défense, 2014.

[xii] Patrick Tacussel, L’Imaginaire radical. Les mondes possibles et l’esprit utopique selon Charles Fourier, Dijon, les Presses du réel, 2007.

[xiii] Gilbert Durand, Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, op. cit.

[xiv] Edgar Morin, Le Cinéma ou l’Homme imaginaire, essai d’anthropologie sociologique, Paris, Minuit, 1956, p 175-177.

[xv] Gilbert Durand, Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, op. cit.

[xvi] Edgar Morin, Le Cinéma ou l’Homme imaginaire, op. cit., p. 186.

[xvii] Jacques Brosse, Mythologie des arbres, Paris, Payot, 1989.

[xviii] Georg Simmel, Sociologie. Études sur les formes de la socialisation, PUF, Quadrige, 1999 (1908).

[xix] Patrick Watier, Une introduction à la sociologie compréhensive, Circé, Belfort, 2002

[xx] Jean-Michel Le Bot, « L’expérience subjective de la nature : réflexions méthodologiques », Natures, Sciences et Sociétés, vol. 21, n°1, 2013, p. 45-52.

[xxi] Michel Maffesoli, Le Réenchantement du monde. Une éthique pour notre temps. La Table Ronde, Paris, 2007.

[xxii] William Catton et Riley Dunlap, « Environmental sociology : a new paradigm », The American Sociologist, n° 13, 1978, pp. 41-49.

[xxiii] Rémi Barbier et al., Manuel de sociologie de l’environnement, Laval, Presses Universitaires de Laval, 2012.

[xxiv] Frederick Howard Buttel, « Sociologie et environnement : la lente maturation de l’écologie humaine », Revue internationale des sciences sociales, n °109, 1986, pp. 359-379.

[xxv] Serge Moscovici, Réenchanter la nature, Paris, Éditions de l’Aube, 2002.

[xxvi] Edgar Morin, La Méthode, coffret regroupant les 6 tomes, Paris, Seuil, 2008.

[xxvii] Les écosystèmes peuvent évoluer parce que leur organisation n’est pas statique, ils sont ouverts sur d’autres écosystèmes ce qui permet une réorganisation spontanée en fonction d’événements perturbateurs ou stabilisants. Ils sont sans cesse menacés mais leurs vertus réorganisatrices/régénératrices leur confèrent une relative autonomie d’évolution et d’adaptation. Les écosystèmes grouillent d’informations, en cela ils sont en quelque sorte un exemple concret de communication : des signes, signaux, marques, cris, odeurs font de l’écosystème une véritable machine à computer et à communiquer. Cf. Robin Fortin, Penser avec Edgar Morin : lire La méthode, Laval, PUL, 2008, p. 60.

[xxviii] Mary Douglas, De la souillure, Paris, Maspéro, 1971.

[xxix] Robert Harrisson, Forêts, essai sur l’imaginaire occidental, Paris, Flammarion, 1992.

[xxx] Michel Maffesoli, Au Creux des apparences. Pour une éthique de l’esthétique, Paris, Plon, 1990, p. 11.

Helene Houdayer

Direttirce del Département de Sociologie. Maître de conférences (HDR) in Sociologie. Université Paul-Valéry de Montpellier, membro dell’IRSA-CRI.

More Posts

Category: Iconocrazia 07/2015 - "Potenza dell'immaginario", Saggi | RSS 2.0 Responses are currently closed, but you can trackback from your own site.

No Comments

Comments are closed.